Le zodiaque de Dendérah : comment l’Égypte a reçu les douze signes

Publié le 30 juillet 2026 · par Ariane Delmas

Le zodiaque de Dendérah : comment l’Égypte a reçu les douze signes
En bref

Le plafond zodiacal de Dendérah, aujourd’hui au Louvre, date de l’époque romaine. Il mêle des figures égyptiennes anciennes aux douze signes venus de Babylone par la Grèce : c’est un document de rencontre, pas l’origine du zodiaque.

Le plafond circulaire du temple d’Hathor à Dendérah est l’une des images les plus reproduites de l’astrologie ancienne. On y voit les douze signes que nous connaissons, mêlés à des figures proprement égyptiennes. Beaucoup en concluent que le zodiaque est né en Égypte. La datation dit autre chose.

Un plafond d’époque romaine

Le relief provient d’une chapelle du temple d’Hathor et se situe autour du premier siècle avant notre ère. Il a été détaché en 1821 et se trouve au musée du Louvre. Son intérêt tient précisément à sa date : à ce moment, l’Égypte est en contact étroit avec le monde grec depuis trois siècles. Ce que le plafond enregistre, c’est une astronomie égyptienne déjà mêlée d’apports extérieurs.

Ce qui est égyptien, ce qui ne l’est pas

La tradition égyptienne repose sur les décans, trente-six groupes d’étoiles qui découpent l’année en périodes de dix jours et servent à mesurer les heures de la nuit. Le lever héliaque de Sirius, qui annonçait la crue, en est l’élément le plus connu. Les douze signes, eux, viennent de Babylone, où le cercle est divisé en douze parts égales au premier millénaire avant notre ère, et arrivent en Égypte par l’intermédiaire grec. À Dendérah, les deux systèmes coexistent sur la même image.

Comment l’astrologie « égyptienne » s’est construite

C’est dans l’Alexandrie hellénistique que se met en place l’astrologie généthliaque, celle du thème de naissance, qui deviendra la matrice de l’astrologie occidentale. Les textes qui la fondent sont grecs, souvent placés sous des noms égyptiens prestigieux comme Néchepso, Pétosiris ou Hermès Trismégiste, ce qui a beaucoup contribué à l’idée d’une science égyptienne. Les décans, eux, ont poursuivi leur carrière propre jusque dans les traités médiévaux.

Ce que le document permet de dire

Le zodiaque de Dendérah ne prouve ni une origine égyptienne des signes, ni une astrologie savante immémoriale sur les bords du Nil. Il montre quelque chose de plus intéressant : la façon dont un savoir circule, se traduit et se superpose à un système local sans l’effacer. C’est le même mouvement qui, bien plus tard, fera passer le tarot pour égyptien.

Questions fréquentes

Existe-t-il une astrologie égyptienne avec d’autres signes ?

Les listes de « signes égyptiens » vendues aujourd’hui, associées à des divinités, sont des constructions modernes. Le système ancien attesté est celui des décans.

Le plafond de Dendérah est-il un calendrier ou une carte du ciel ?

C’est une représentation religieuse du ciel, avec des repères astronomiques réels, pas un instrument de calcul.

Peut-on voir l’original ?

Oui, au Louvre. Le temple de Dendérah, en Égypte, conserve à sa place un moulage.

A
L’auteur

Ariane Delmas

Formée à l’histoire des religions, elle s’intéresse à ce que les arts divinatoires doivent aux mondes anciens : quels textes, quels objets, quelles traditions ont réellement circulé, et à quel moment la légende a pris le relais. Elle écrit tous les guides de Révélation des Pyramides.

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